E10 : Entretien avec Joelle et Meriem d’Alvia

Bienvenue, vous êtes sur le Dixième épisode de l’émission « Tu la sens la Liberté ? ». Il s’agit d’une interview avec Joëlle Najar de l’association Alvia. Joëlle Najar passe sur Paris le Week-end de la Toussaint. C’est un moment de convivialité et d’échange.

Allez Éditorial.

Alvia est une marque ferroviaire espagnol de l’entreprise Renfe. Pardon, je me suis trompé dans mon éditorial. Ce n’est pas le bon « Alvia ».

On recommence.

Alvia est une association tunisienne de protection animale et de sauvetage des animaux dans la rue. Il s’agit de l’avant-garde de la « cause animale » en Tunisie. Le mouvement pour le « droit des animaux » tend à se développer progressivement comme l’a été la France. L’association « Alvia » ne doit pas baisser les bras puisqu’elle fait partie des prémices de l’implantation d’un long mouvement au sein de la Tunisie. 

Je lis en ce moment, le livre de Peter Singer « Libération Animale » dans le cadre du mémoire que je rédige. Dans sa préface pour l’édition de poche en France, le philosophe raconte que la France a alors subit une véritable révolution en près de 40 ans. 

Si la révolution animaliste et antispéciste commence à s’ancrer profondément dans le sol Français, il en va de même après un travail de sensibilisation très profonde chez nos camarades tunisiens. D’ailleurs, hier c’était la journée mondiale du véganisme. Cela ne doit nous souvenir que le mouvement pour la prise de conscience s’avère être long, tout comme la prise du fait qu’il existe une sentience chez les animaux non-humains.

Dans le même temps, Catherine-Marie Dubreuil dans son livre « Libération animale et végétarisation du monde » explique que le mouvement antispéciste en France a été lancé lors d’une manifestation d’Holzheim le samedi 9 mai 1998 soit un peu plus de vingt ans. En résumé, il aura fallu près de vingt ans pour aboutir à une convergence des luttes. Il aurai fallu grosso modo près de dix ans pour que la « révolution végétale » prenne s’enracine profondément afin de réellement influencer le débat public. De nos jours, il ne se passe pas une semaine sans que nous n’ayons pas une information concernant la « cause animale ».

Les premiers militants pour la « cause animale » ont sans doute été largement un peu seul au début dans une société qui se situait sous la guerre froide, les priorités actuelles n’étaient pas vraiment les mêmes. Nous vivons dans une société post-guerre froide largement néolibéralisée. La force des Animal Studies ont fini par influencer notre société, mais aussi la pensée au sein de la littérature anglo-saxonne comme Française.

Pour cette épisode, nous le diviserons en trois parties. Premièrement, Origine et genèse de la création d’Alvia ; deuxièmement, La perception de la cause animale en Tunisie et plus largement chez les Musulmans et pour terminer, les combats actuels et futurs d’Alvia.

E8 : Pseudo-Sciences et homéopathie

Le débat sur l’homéopathie a été important cette année, vous n’avez pas pu passer à coté. L’origine du débat est la tribune #Fakemed lancée en 2018. Des médecins, des pharmaciens et des biologistes ont collectivement fustigé le dangers des « fausses » médecines. Cela a provoqué un débat médiatique qui a dure encore, et qui a résulté par le déremboursement progressif de l’homéopathie, prononcé par le gouvernement au début de l’été dernier.

Pourtant il est difficile de voir clair dans ce débat. Les médias ont pris l’habitude de confronter des « points de vue » quelques soit le sujet, et quel que soit le niveau d’expertise des débatteurs. Ainsi il n’y a pas de hiérarchie entre les faits, les opinions et les contre-vérités.

Pas facile pour les profanes de comprendre comment démêler le vrai du faux. Surtout qu’une envie de se « soigner autrement » est assez grande, les scandales sanitaires comme celui du médiator ont augmenté la méfiance envers l’industrie pharmaceutique, l’homéopathie apparaissant comme une alternative crédible.

J’invite donc ici Cédric, qui va nous parler d’homéopathie et plus largement de pseudo-sciences.

E8 : Pseudo-Sciences et homéopathie

E7 : Animaux et Christianisme – partie 1

Bienvenue, vous êtes sur le septième épisode de l’émission « Tu la sens la Liberté ? ». Un numéro spécial décliné en deux parties.

Quand j’étais écolier et collégien, j’ai étudié dans une école et collège privés catholiques sous contrat. Malheureusement, j’ai été viré pour insoumission à l’autorité. Le goût de la liberté me titillait déjà à ce moment-là. Je me suis longtemps intéressé à la philosophie libertaire et marxiste pour organiser ma structure de pensée.

Plus tard, je suis tombé dans les addictions avec overdoses. Grâce à une importante réflexion, j’ai commencé à saisir la matérialisation d’une « puissance supérieure ». Il est évident que cette « puissance supérieure » qu’on pourrait nommer « Dieu » n’a a priori rien à voir avec mon profond attachement à la doctrine matérialiste. Pourtant, cette voie spirituelle m’a permis d’appréhender une autre démarche tout aussi intense.

Je me sens comme saint Thomas. Quand Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru », (Jean 20:29). Le scepticisme général fait partie intégrante de ma propre vie. Douter, raisonner, argumenter sur les faits apparaît comme une certaine rigueur et une honnêteté que je dois avoir vis-à-vis de moi-même. La matérialisation de la foi se construit in fine comme quelque chose de forcément mystique. Dans les sciences dures comme sociales, les croyances vont à l’encontre de la science. Pourtant, croire et faire de la science n’est pas aussi antinomique que cela lorsque nous séparons les deux.

Il paraît qu’il y aurait beaucoup d’athées parmi celles et ceux qui sont adeptes de la défense du droit des animaux. Nonobstant ce sentiment, nous n’avons pas vraiment d’études à ce sujet, ni de sondages. En l’absence de preuves, nous ne pouvons pas théoriser. Pourtant, s’il y a des athées au sein de « grands mouvements », on doit aussi forcément y trouver des croyants…

La pasteure qui me suit et me fait l’étude biblique me disait que j’étais « un miracle de Dieu ». Profondément athée et enraciné dans une logique matérialiste à l’extrême, je ne voyais uniquement que ce que je pouvais démontrer tant la foi et la raison semblent deux choses totalement contradictoires.

L’honnêteté m’incombe de reconnaître que j’ai renié le catholicisme pour des raisons éthiques, spirituelles et dogmatiques. Le « vieux monde » ne pourra pas se soustraire à une théologie tombant profondément dans ses abîmes. Il faut évidemment rappeler qu’au XXIe siècle, chacun est libre de croire ou de ne pas croire, mais aussi de critiquer les différents courants religieux.

Au cours d’un séjour dans une clinique psychiatrique, j’ai évolué. Je peux le dire haut et fort, ce changement de paradigme m’a permis de passer du statut de « carniste » assez radical à celui de végétarien, même si pour moi, cela n’est pas encore assez. J’ai l’ambition de franchir un autre cap dans les prochains mois, voire les prochaines années. Toutefois, « Rome ne s’est pas construite en un jour ». Se séparer d’un schéma ancré depuis des dizaines d’années n’est pas simple à réaliser. Cela prend manifestement du temps puisque cela touche au plus profond de nous-mêmes, à savoir notre pensée et notre conscience.

Durant un séminaire au sein d’une communauté religieuse située à la Bourboule, j’ai fait des recherches pour lier deux faits qui a priori n’ont rien à voir l’un avec l’autre : le christianisme et la « lutte pour le droit des animaux ». J’ai donc investigué et trouvé des groupes qui essayent de mêler ces deux courants philosophiques. Dans le même temps, j’ai décidé de leur emboîter le pas et de réaliser une émission qui aura lieu en octobre : « Animaux et judaïsme ».

Dans le premier chapitre de la Genèse, il est écrit que les premiers hommes mangeaient exclusivement des plantes. Plus tard, lorsque Moïse prit les tables de la loi, Dieu lui ordonna l’un des commandements : « Tu ne tueras point. » Pourtant les êtres humains juifs, chrétiens, musulmans ou autres contribuent et participent à des massacres sur l’ensemble du globe chaque jour pour se nourrir ou nourrir les autres animaux.

Dans le même temps, saint Matthieu, dans son évangile, nous ordonne la marginalité et la non- conventionnalité. N’est-ce pas ainsi que la lutte pour le droit des animaux devrait être regardée, au sens la Bible, comme une lutte réfractaire et non arbitraire ?

J’ai adhéré à un groupe présent sur l’un des réseaux sociaux le plus fréquenté de la planète. De fil en aiguille, j’ai échangé avec deux personnes croyantes militant également pour le droit des animaux. La question s’est posée : comment articuler un podcast, a fortiori très intéressant, sur des personnes qui maîtrisent mieux que moi la question de la religion ? Après réflexion, j’ai décidé de faire une émission en deux parties.

La volonté de faire une émission politico-religieuse s’inscrit dans une autre approche de la question « du droit des animaux ». J’ai lié connaissance avec Alexis [et pas Rémi NDLR], dont l’histoire personnelle m’a profondément touché. Ancien témoin de Jéhovah, il a décidé de quitter cette secte pour rejoindre le protestantisme.

Cet épisode est divisé en trois parties. Dans la première, des témoins de Jéhovah rendent compte de leur conversion au protestantisme. Dans la deuxième, le thème du changement de paradigme est abordé et dans le dernier volet le lien entre christianisme et animalisme est questionné.

E7 : Animaux et Christianisme – partie 1